Se réjouit de la libération sous caution de WANG Dejia, de la libération conditionnelle de CHING Cheong, de YUE Tianxiang et YU Huafeng en raison d'une réduction de peine depuis le dernier Congrès de PEN International en juillet 2007.
Considérant la suppression des droits à la liberté d'expression qui continue de s'exercer dans toute la Chine, de sa capitale Beijing qui accueillera les jeux olympiques de 2008, à la province de Sichuan dévastée le 12 mai 2008 par un tremblement de terre, aux Régions Administratives Spéciales de Hong Kong et de Macao, jusqu'à la Région Autonome du Tibet, Xinjiang, et de la Mongolie Intérieure.
Déçue parce que la Chine n'a pas tenu l'engagement qu'elle avait pris d'autoriser la liberté de la presse au moment des jeux olympiques de 2008 mais a au contraire intensifié les assauts du gouvernement contre les médias libéraux, à savoir le renvoi de journalistes et même leur arrestation, la fermeture de publications, l'interdiction de livres et d'interdits frappant la diffusion de reportage sur des événements politiquement névralgiques ; en particulier illustrés par les cas de QI Chonghuai et de HE Yanjie, deux journalistes de la province de Shandong qui ont écopé de 4 et 2 ans de prison, respectivement, ; ils sont tous deux accusés de "chantage" pour avoir dénoncé dans leurs rapports la corruption des fonctionnaires.
Alarmée par le harcèlement et les attaques qui s'exercent sans relâche contre les intellectuels chinois, en particulier les arrestations arbitraires des écrivains internautes et des journalistes dont 40 sont actuellement emprisonnés, faisant de la Chine un des plus grands geôliers d'écrivains et de journalistes dans le monde.
Troublée par l'utilisation continue de la détention administrative, notamment le scandaleux système de la "Rééducation par le Travail" pour emprisonner les écrivains dissidents, et cela pour des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison, sans possibilité de recours à la procédure régulière prévue par sa propre législation.
Troublée en outre par le nombre croissant de violations du Droit Pénal en Chine pour réprimer la liberté d'expression et de la presse, notamment le fait que les écrivains dissidents et les journalistes qui s'expriment franchement sont arbitrairement accusés de délits pénaux, en particulier de mettre en péril la sécurité sociale et nationale, d'inciter à la subversion du pouvoir de l'état et de détenir ou de divulguer illégalement des secrets d'état, et les éditeurs indépendants sont accusés de pratiques commerciales illégales.
Concernée par l'évidence de menaces accrues pour la liberté d'expression à Hong Kong et Macao, comme l'interdiction frappant plusieurs journalistes, entre autre Dr. Yu ZHANG du Centre PEN Chinois Indépendant (ICPC), de se rendre à Hong Kong pour la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.
Inquiétée par la censure qui ne cesse de museler l'Internet dans tout le pays, avec le blocage de milliers de sites internet, la fermeture des forums internet chinois débattant de dossiers névralgiques, le harcèlement et l'emprisonnement d'écrivains et de journalistes internautes qui ont publié des rapports et des commentaires critiques sur des sites internet internationaux, notamment les peines retenues contre HU Jia, CHEN Shuqing and LU Gengsong pour incitation à la subversion ainsi que les détentions de CHEN Daojun, ZENG Hongling and HUANG Qi.
Choquée par la recrudescence des persécutions envers les membres du Centre PEN Chinois Indépendant (ICPC), notamment la condamnation de SHI Tao à dix ans de prison, de ZHANG Lin à 5 ans, de YANG Tongyan à 12 ans, de ZHANG Jianhong à 6 ans et de YAN Zhengxue à 3 ans, le harcèlement et les courtes détentions et les restrictions de mouvement frappant plus de 30 de ses membres, dont son Vice-président JIANG Qisheng, les membres du Comité Exécutif LIU Xiaobo ZHAO Shiying, et WANG Yi, ses membres LIAO Yiwu, LU Jianhong, LIU Di, TENG Biao, LI Jianqiang, JIANG Bo, XIONG Zhongjun, LIU Shui, ZHOU Yuanzhi and SUN Wenguang, et l'interdiction frappant ZHANG Yu, un citoyen chinois résidant en Suède de revenir en Chine Continentale pour visiter sa famille.
Outragée par la violente répression des manifestations en grande partie pacifiques à Lhassa le 14 mars 2008 et dans de nombreuses régions du Tibet depuis lors, et la continuelle répression de la Chine dans les régions autonomes du Tibet, de Xinjiang et de la Mongolie Intérieure
Exhorte le gouvernement de République Populaire de Chine à :
Cesser le harcèlement et la persécution des membres du ICPC, et de lever les restrictions sur leur liberté de sortie et d'entrée en Chine Continentale, en particulier pour assister aux conférences internationales de PEN;
Renoncer à ses tentatives de censurer le cyberspace et de relâcher sans délai tous les écrivains emprisonnés pour avoir exprimé de façon pacifique leurs opinions sur l'Internet;
Relâcher tous les prisonniers dans la Région Autonome du Tibet, de Xinjiang et de la Mongolie Intérieure qui sont détenus en violation de leur droit à la liberté d'expression, notamment les écrivains et les journalistes tibétains Dawa Gyaltsen, Jampel Gyatso, Dolma Kyab et Jamyang Kyi, les écrivains Uighur Abdulghani Memetemin, Tohti Tunyaz et Nurmuhemmet Yasin, et l'écrivain mongolien Hada;
Relâcher tous les écrivains et journalistes emprisonnés en Chine notamment :
SHI Tao, ZHANG Lin, YANG Tianshui, ZHANG Jianhong, YAN Zhengxue, HUANG Jinqiu, ZHENG Yichun, KONG Youping, XU Zerong, XU Wei, JIN Haitao, YANG Zili, ZHANG Honghai, LI Zhi, HU Shigeng, WANG Xiaoning, GUO Qizhen, YANG Maodong, CHEN Shuqing, LU Gengsong, HU Jia, QI Chonghai, HE Yanjie, CHEN Daojun, ZENG Hongling et HUANG Qi;
Ratifier sa signature de la Convention Internationale relative aux Droits Civils et Politiques d'Octobre 1998;
S'engager dans une complète et constructive réforme de l'appareil judiciaire chinois conformément aux normes internationales et à sa propre Constitution qui garantit des procès équitables, les droits à la défense et les droits de recours, l'exercice du droit aux représentants légaux de la défense, et un système pénal qui assure la santé et la sécurité des détenus; en particulier de cesser l'utilisation à outrance des accusations de "subversion" contre les écrivains et de "divulgation des secrets d'état" contre les journalistes ; et d'abandonner le scandaleux système de Rééducation par le Travail.